Le 26 mars dernier, l’ACGL organisait un midi-causerie sur la relève. Plusieurs de nos membres ont eu l’occasion d’échanger sur le sujet avec Sarah Bouffard, membre du comité de la relève de l’OTTIAQ, Patrick Drouin, directeur du département de linguistique et de traduction de l’Université de Montréal et Éric Poirier, président de l’Association canadienne des écoles de traduction.
L’omniprésence et les conséquences importantes de l’IA dans l’enseignement de la traduction ont bien sûr été abordées. Cependant, la bonne nouvelle, c’est que les études sur l’IA révèlent de plus en plus ses limites, notamment en matière de biais et de compréhension contextuelle. Cela confirme la valeur de l’intervention humaine, tout en obligeant les universités à adapter leurs formations. Les programmes évoluent lentement, et l’enjeu n’est plus seulement technique, mais pédagogique : il faut désormais former des traductrices et traducteurs capables d’utiliser l’IA avec discernement.
Du côté des employeurs, les constats sont préoccupants. On observe chez les jeunes une perte de compétences, tant linguistiques que contextuelles, liée à la dépendance aux outils. La post-édition réduit la distance critique face au texte, ce qui entraîne une baisse de qualité. Cette déqualification, qui s’observe même chez les réviseur(e)s d’expérience, s’inscrit dans un changement de paradigme plus large, où l’esprit critique devient une compétence clé.
Par ailleurs, le métier se redéfinit. Au-delà de la traduction, les attentes se déplacent vers le rôle-conseil, la relation client, la recherche et la capacité à structurer l’information. Le marché valorise aussi de plus en plus la gestion de projets, discipline pour laquelle la demande est forte. Les stages apparaissent comme des leviers essentiels pour répondre aux attentes des employeurs, en exposant les étudiantes et étudiants à la réalité complexe du métier.
Enfin, un défi majeur persiste : attirer et retenir la relève. La perception d’un métier en mutation, combinée à une baisse des effectifs, fragilise les programmes universitaires. Des pistes émergent, mais reposent sur une revalorisation du métier. Dans ce contexte, la traduction doit être présentée non plus comme un geste technique, mais comme une expertise globale, ancrée dans la collaboration, le jugement et la capacité à créer de la valeur.
Merci à nos commanditaires!
